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Les Gens du Balto

Faïza Guène

Jusqu’à ce fameux samedi, il ne s’était jamais rien passé d’extraordinaire à Joigny-les-Deux-Bouts, petite bourgade tranquille en fin de ligne du RER. Yéva, minijupe et verbe haut, rêvait toujours d’une autre vie. Jacquot, son mari, chômeur, creusait une fosse dans le canapé à force de jeux télévisés. Leur fils Yeznig, déficient mental, recomptait ses dents après chaque repas. Son frère Tanièl, renvoyé du lycée pour avoir abîmé le conseiller d’orientation, peaufinait sa technique pour serrer les blondes. Bref, la routine pour ces habitués qui, un matin, découvrent le patron de « leur » bar, baignant dans son sang. Un drame ? Pas pour les gens du Balto. Avec ce roman choral, Faïza Guène dévoile de nouvelles facettes de son talent. Humour, justesse du trait, Les Gens du Balto confirme que cette jeune romancière n’est pas devenue une figure des lettres par hasard.

Les Gens du Balto auteur Faïza Guène

Les commentaires

 Joigny-les-Deux-Bouts, banlieue sans histoire. Le patron du Balto a été assassiné. Les témoignages des habitants du quartier se succèdent au cours de l’enquête. Mais au-delà de l’intrigue policière, Faïza Guène nous livre, à travers cette galerie de portraits bigarrés, une critique sans concession de la société actuelle : chômage, difficultés d'insertion, racisme, harcèlement moral, addiction à la télévision, frustrations sexuelles, incommunicabilité intergénérationnelle… dans une langue moderne, incisive et gouailleuse à souhait, qui fait l’effet d’une eau de source fraîche et désaltérante. Nathalie, Toulouse (31)

 Un quotidien peu exaltant, une médiocrité ambiante, rien d'important ne se passe dans cette petite ville de banlieue. Jusqu'au jour où le patron du bar "Le Balto" est retrouvé assassiné. Chacun donne de la voix pour raconter l'ordinaire de ses jours et l'extraordinaire du fait divers. Utilisant un langage actuel, l'auteur offre une vision colorée, drôle et juste de la banalité des jours vécus par les gens du Balto. Déroutant au départ, surprenant puis attachant : un bon moment de lecture. Simone, La Chapelle Montligeon (61)

Roman urbain, atypique argotique au franc parlé; un peu comme du "San Antonio". Cela faisait longtemps que je n'avais lu un tel roman où la verve de l'auteure est mis au service du lecteur. Tout y passe : les préjugés racistes, les arabes, les turcs, les mensonges, la banlieue, les riches les pauvres, les dealeurs tricheurs et autres blondes. Chaque personnage parle à la première personne et raconte sa propre vérité. En effet le petit village de Joigny-les-Deux-Bouts (condensé à lui seul de banlieue perdue) est secoué par un horrible assassinat. Meurtre gratuit ou raciste ? Jojo lui-même, le défunt, n'est pas tout à fait de cet avis. La suite est une enquête de police où les faits sont déroulés successivement selon les différents témoignages. Alexandre, Versailles (78)

Ecrit sur fond d'intrigue policière, le roman de Faïza Guène nous plonge dans l'univers des banlieues. Un meurtre a été commis dans le bar du coin, tour à tour les clients suspects prennent la parole. La romancière dresse d'eux des portraits sarcastiques qui les rendent profondément attachants. Ils ne sont ni gentils, ni vraiment méchants, un peu naïfs, mais ils sont vrais, parlent sans détours de leur vie et tous sont des exclus de la société : le racisme, le chômage, le handicap, l'échec scolaire sont leur quotidien. Un livre cru, décapant, qui nous kidnappe dès la première page et qu'on ne lâche qu'à la dernière. Sophie, Ordan Larroque (32)

Faïza Guène, en quelques pages à peine, nous fait passer du rire aux larmes en passant par l’émotion, la vérité, l'horreur et la tendresse. Ses personnages sonnent juste et son sens du récit emporte le lecteur loin, très loin derrière les clichés. Le roman est savamment dosé, toujours prêt à basculer d’un côté ou de l’autre du réel. A la fois terriblement contemporain, délicieusement drôle et affreusement sordide. Un grand talent de la jeune littérature française. Gavin’s, Montreuil (93)

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