La soirée de remise

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Le Rapport de Brodeck

Philippe Claudel

Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache. Moi je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su
ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer. Mais les autres m’ont forcé : « Toi, tu sais écrire, m’ont-ils dit, tu as fait des études. » J’ai répondu que c’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs, et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir. Ils n’ont rien voulu savoir : « Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses […]. »

Le Rapport de Brodeck auteur Philippe Claudel

Les commentaires

La poésie au bout du scalpel, l'écriture incandescente et ciselée de Philippe Claudel nous dépeint la noirceur absolue de l'Homme face à l'innocence de la Nature ainsi que l'Art et la Pureté bafoués par l'ignorance et la bêtise. Avec un humanisme rare, il atteint à l'universel car, tout à la fois, il s'adresse à notre intelligence, nous frappe en plein cœur et nous prend aux tripes jusqu'à rendre son récit inoubliable. Un livre implacable et magnifique, un grand moment de lecture. Danielle, Bagneux (92).

Ce roman est tout simplement bouleversant. Les mots de Philippe Claudel disent l'indicible et racontent l'inimaginable sur cette période si honteuse de notre histoire, avec une telle justesse que l'on ne peut sortir indemne de la lecture de ce chef-d'œuvre. Valérie, Douzillac (24).

Tout a été dit (ou presque) sur cette œuvre magistrale, j'ajouterai : merci Monsieur Claudel. Ce livre est un conte philosophique. L'auteur décrit un monde terrible (le nôtre, hélas) mais derrière les horreurs de la guerre, un appel à la tolérance, au droit à la différence, au devoir de mémoire. Un livre grave, bouleversant, inoubliable qui se lit et se vit. Un très grand moment de littérature. C'est une belle leçon d'humanité, d'histoire et de français. Marceau, Lingolsheim (67).

Très beau livre, gros coup de cœur, m’a fortement ému. Un roman majeur à lire de toute urgence.Frédéric, Pluguffan (29).

 

Le Rapport de Brodeck est une vraie perle littéraire. Dans un style ciselé et accrocheur, Philippe Claudel entraîne son lecteur, au cœur d'une nature superbe, mais dans un univers profondément cruel. Brodeck, le narrateur, est un rescapé des camps de la mort. Revenu dans son village, il est témoin d'un acte horrible, commis par ceux-là mêmes qui sont à l'origine de sa déportation. Il nous dévoile peu à peu, au fil de ses confidences et de ses observations, la personnalité des gens qui l'entourent, des hommes qui font preuve de veulerie, de bassesse, de cruauté et de monstruosité, afin de préserver leurs intérêts. Ce roman est un terrifiant "rapport" sur le côté noir et désespérant de l'homme, un roman terrifiant mais somptueux ! Gilles, Clety (62).

 

Réquisitoire contre l'intolérance, Le Rapport de Brodeck l'est aussi contre l'ignorance, source de violence, d'exclusion et de stigmatisation de l'Autre. Baignant dans une atmosphère oppressante, le roman de Philippe Claudel nous entraîne dans une lente descente aux enfers où l'horreur de la condition humaine se révèle à chaque page dans un cortège d'abomination. Ce livre laissera le lecteur pantois et comme vidé après avoir lu ce récit terrible et magnifique, cette étude en noir des abîmes insondables dans lesquels l'âme humaine peut s'égarer jusqu'à se renier elle-même. Il faut lire Le Rapport de Brodeck. Pascal, Guingamp (22).

 

Un récit bouleversant et terrifiant qui nous montre combien la nature humaine peut parfois être cruelle et absurde. Philippe Claudel réussit avec brio à nous livrer une histoire intemporelle et universelle saisissante. Une grande leçon d’humanité ! Marie, Montauban (82).

 

Un véritable roman coup de poing dont le lecteur ne sort pas indemne et est hanté longtemps encore après en avoir refermé la dernière page. Philippe Claudel traite, avec magnificence, de sujets universels (la peur et la crainte de l'autre, la noirceur de l'âme humaine, la mémoire, l'oubli...). Si l'histoire n'est pas sans nous rappeler de terribles événements survenus au milieu du xxe siècle, l'auteur témoigne néanmoins du caractère universel de son livre en situant l'action de celui-ci dans un espace incertain et à une époque indéterminée. L'histoire est de plus servie par un style limpide et une écriture épurée. L'auteur des Âmes grises signe ici sans aucun doute l'une de ses plus belles réussites et l'un des meilleurs romans de ces dernière années. David, Creil (60).

 

Longtemps après avoir refermé ce livre, je me souviendrai du Rapport de Brodeck. Ce roman, cette fable philosophique est construite comme un puzzle dans lequel le lecteur doit retrouver les personnages, les lieux ou l'époque... Cependant il ne s'agit pas d'un jeu mais bien davantage d'une mise à nu de la lâcheté humaine. Une œuvre contre l'oubli, un récit exceptionnel... A ne pas laisser passer ! Caroline, Paris (75).

 

C’est dans un village intemporel d’une Europe orientale et germanophone que Brodeck rédige son rapport. Bien davantage que la cruauté des hommes et l’absurdité de leurs comportements qui y transparaissent, c’est de la mémoire et de la nécessité de se souvenir et de transmettre qu’il s’agit : mémoire de quelques moments de joie dans un océan de barbarie ordinaire. Mémoires d’un érudit de province qui a survécu à l’enfer. Nécessité, plus que jamais, de ne pas oublier. Ce roman est inoubliable. Pascal, Ronchamps (70).

 

Le Rapport de Brodeck est un récit émouvant, dans une langue originale, un récit à la fois incarné, historiquement référencé, et pourtant universel. Le récit frôle toujours le stéréotype, sans jamais y tomber. Au théâtre, les comédiens porteraient des masques, à la fois caricatures et miroirs de nous-mêmes. Florence, Montdidier (80).

 

Dans ce roman à la construction virtuose, Philippe Claudel explore les noirceurs de l'âme humaine sans aucune concession et met en parallèle la petite histoire et la Grande Histoire. D'une écriture simple, fluide et limpide, l'auteur aborde les questions de l'altérité, de l'intolérance, de la mémoire, du pardon et de la culpabilité. Un roman grandiose qui hante et poursuit encore longtemps le lecteur, une fois la lecture terminée. Paola, Genève (Suisse).

 

Philippe Claudel réussit le mariage impossible de l'horreur et de la poésie. Toute la cruauté des hommes décrite dans une langue magnifique. Voici un livre qui marque et qui ne peut laisser indifférent. Cécile, Cayenne (97).

Le Prix des lecteurs du Livre de Poche